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Conseil

Chute de cheveux : le conseil en pharmacie, de la question au comptoir à l'orientation médicale

Par Elsa Benmoussa, Docteur en pharmacie · Publié le 1 novembre 2026

Le conseil en pharmacie face à une chute de cheveux repose sur trois temps : qualifier la chute par quelques questions, proposer une routine cosmétique adaptée quand la situation le permet, et orienter vers le médecin dès qu'un signe le justifie. Une chute par plaques, une chute qui dure depuis plusieurs mois ou une chute chez la femme sans cause évidente doivent conduire à un avis médical.

L'essentiel en 30 secondes

  • Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est considéré comme normal (Vidal).
  • Trois profils à distinguer au comptoir : chute récente et diffuse, chute progressive depuis plus de 6 mois, chute par plaques.
  • Chute par plaques : orientation médicale, pas de routine « à la place ».
  • Chute progressive : routine anti-chute complète + conseil de consulter un dermatologue.
  • Les compléments accompagnent ; ils ne traitent pas une alopécie.

Quelle chute de cheveux est normale ?

Le cheveu vit selon un cycle : une phase de croissance de plusieurs années, une courte phase de transition, puis une phase de repos d'environ trois mois au terme de laquelle il tombe et laisse la place à un nouveau cheveu. D'après Vidal, on perd normalement entre 50 et 100 cheveux par jour, et l'on parle de chute anormale au-delà, ou lorsqu'une zone du crâne se dégarnit plus que le reste.

Au comptoir, personne ne compte ses cheveux. Les signes qui reviennent sont plutôt : « j'en trouve plein sur l'oreiller », « ma queue de cheval est moins épaisse », « ma raie s'élargit ». Ce sont ces phrases qu'il faut savoir traduire.

Quels sont les principaux types de chute de cheveux ?

Sans poser de diagnostic, le pharmacien doit connaître les grands tableaux pour orienter correctement. La fiche de la Société française de dermatologie sur l'alopécie les résume.

Type de chute Ce que décrit le client Conduite au comptoir
Chute diffuse et transitoire (après un accouchement, une maladie, un stress, un régime…) Beaucoup de cheveux d'un coup, sur toute la tête Rassurer, routine douce ; consulter si cela persiste
Alopécie androgénétique Chez l'homme : golfes et sommet du crâne. Chez la femme : raie qui s'élargit Routine anti-chute + orientation dermatologue
Pelade Plaques nettes, sans cheveux Orientation médicale
Alopécie de traction Lisière dégarnie, coiffures serrées Conseils de coiffage, avis médical si persistant
Teigne Plaques, souvent chez l'enfant Orientation médicale rapide

La même fiche rappelle qu'en cas d'alopécie androgénétique, les traitements de référence (minoxidil, et finastéride chez l'homme uniquement) relèvent d'un avis et d'un suivi médicaux. Le minoxidil en lotion est disponible sans ordonnance, mais son conseil demande une vraie explication : délai d'action de plusieurs mois, nécessité d'une utilisation régulière, effets indésirables possibles. On reste ici dans le champ du médicament, pas du cosmétique.

Quelles questions poser au comptoir en cas de chute de cheveux ?

C'est la partie la plus importante. Quelques questions suffisent pour orienter :

  1. Depuis quand ? Quelques semaines, ou plus de 6 mois ?
  2. Comment ? Partout de façon diffuse, ou par plaques ?
  3. Un événement dans les mois précédents ? Accouchement, fièvre, intervention, régime, choc émotionnel, nouveau médicament.
  4. Le cuir chevelu ? Démangeaisons, rougeurs, pellicules.
  5. Les habitudes ? Colorations, défrisages, outils chauffants, coiffures serrées.

Ces questions sont celles que pose HairAnalysIA dans son questionnaire (huit questions au maximum), avec trois profils de chute : récente, progressive depuis plus de 6 mois, ou par plaques. Les règles qui suivent sont fixes : une chute progressive déclenche une routine anti-chute complète et le message « pensez à consulter votre dermatologue » ; une chute par plaques déclenche une orientation médicale.

Quand orienter vers le médecin ou le dermatologue ?

Orientez sans hésiter dans ces situations :

Le médecin pourra examiner le cuir chevelu au dermatoscope, faire un test de traction et prescrire un bilan si nécessaire. Ce n'est pas le rôle du comptoir, et un outil de diagnostic cosmétique ne le remplace pas.

Quelle routine anti-chute conseiller en pharmacie ?

Quand la situation relève du conseil (chute saisonnière, chute transitoire, accompagnement d'un suivi médical), une routine complète vaut mieux qu'un produit isolé. Voici la structure que nous utilisons.

  1. Préparation avant shampooing si le cuir chevelu est chargé ou pelliculaire : on assainit le terrain avant d'appliquer un actif.
  2. Shampooing doux adapté au cuir chevelu (gras, sec, sensible). Un shampooing agressif n'aide pas une chevelure fragilisée.
  3. Après-shampooing ou masque sur les longueurs seulement, pour limiter la casse au démêlage. Une chevelure qui casse paraît aussi moins dense.
  4. Lotion ou sérum antichute sur le cuir chevelu, avec un massage de quelques minutes, en respectant la durée de cure indiquée.
  5. Complément alimentaire si le client le souhaite, en cure.

Dans HairAnalysIA, la routine suit précisément ces étapes, avec les gammes de votre officine, et indique sous chaque produit pourquoi il est proposé. Le client reçoit le bilan par email et un rappel à 4 semaines, ce qui aide à tenir une cure jusqu'au bout.

Si le client a aussi des pellicules, le protocole change : voir notre article pellicules : quel protocole conseiller.

Les compléments alimentaires pour cheveux sont-ils utiles ?

Il faut en parler avec honnêteté. Les allégations santé autorisées en Europe pour la biotine, le zinc ou le sélénium portent sur le maintien de cheveux normaux, pas sur l'arrêt d'une chute ni sur la repousse. L'association de consommateurs Test-Achats rappelait, dans son analyse des compléments pour cheveux, qu'aucun complément n'a montré d'effet net sur une chute installée en l'absence de carence.

Ce que l'on peut dire au client :

Chute de cheveux saisonnière : que dire au client ?

Beaucoup de clients signalent une chute plus marquée à l'automne. Ce phénomène est souvent décrit et en général transitoire. La conduite est simple : rassurer, proposer une routine douce et éventuellement une cure, et reconsulter si la chute se prolonge ou s'accentue. Évitez de promettre un résultat rapide : la chevelure se renouvelle lentement, au rythme du cycle pilaire.

Comment rendre le conseil anti-chute plus efficace au comptoir ?

Pour structurer le rayon autour de ces conseils, lisez développer le rayon capillaire en pharmacie.

En pratique

Retenez trois questions (depuis quand, comment, quel événement), deux réflexes (orienter si plaques ou chute qui dure, consultation chez la femme) et une routine complète plutôt qu'un produit isolé. Un outil comme HairAnalysIA vous aide à appliquer ces règles de façon constante dans toute l'équipe. Pour le voir fonctionner, demandez une démo gratuite.

Questions fréquentes

Combien de cheveux perd-on normalement par jour ?

Selon Vidal, la perte normale se situe entre 50 et 100 cheveux par jour. Au-delà, ou si une zone se dégarnit plus que le reste, un avis médical est utile.

Les compléments alimentaires arrêtent-ils la chute de cheveux ?

Les allégations autorisées pour la biotine, le zinc ou le sélénium portent sur le maintien de cheveux normaux, pas sur l'arrêt d'une chute. Ils accompagnent une routine, ils ne traitent pas une alopécie.

Une femme qui perd ses cheveux doit-elle consulter ?

La Société française de dermatologie estime qu'une consultation médicale est essentielle chez la femme pour rechercher la cause, qui peut être une carence en fer, un trouble thyroïdien ou un médicament, par exemple.

Que conseiller après un accouchement ?

Une chute après l'accouchement est classique et transitoire. On rassure, on propose des soins doux et, en cas d'allaitement, on vérifie la compatibilité de tout complément avec un professionnel de santé.

EB
Elsa Benmoussa, Docteur en pharmacie
Pharmacienne d'officine, fondatrice de SkinAnalysIA et HairAnalysIA.

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